Formation 2019

Questionnaire, dans le cadre associatif coutumes et traditions souhaite avoir votre avis sur quelle thèmes souhaiteriez vous aborder sur le culte des ancêtres. Vous pouvez envoyer un email a mariasoavina@gmail.com afin de faciliter le choix des formations 2019 (les formations débuteront à partir du 25 février 2019) , ainsi fin février nous mettrons a votre disposition le calendrier des formations 2019.

l’équipe Coutumes et Traditions

La transmission de la tradition

 

La Tradition
On entend souvent parler de transmission de la tradition, nos aïeux, ne nous ont pas transmise la tradition, car la transmission vient d’en haut, on ne sait pas sur qui elle va tomber, elle nous ai transmis d’oreille à oreille, et à ce moment là ,la personne qui a entendu, il lui reste qu’à comprendre et analyser ce qu’il a entendu, et juste transmettre des éléments qui sont liés à la tradition, pas de bouche à oreille, car, C’est la Tradition qui vient à nous et non le contraire.
Mais d’oreille à oreille.

« Le vêtement emblématique malgache »

LE LAMBA

 

 Par Jeannot Randroso

 
Le «  lamba  » est la pièce principale du costume traditionnel malgache, il renferme toute une culture.


Le «  lamba «  est le vêtement emblématique des malgaches. Il est porté à la fois par les hommes et les femmes toute leur vie durant, et même jusque par delà les tombes.


Pour les hommes, le  » lamba  » était fait en soie grège de couleur sombre avec des lignes brunes ou blanches.
Chez les femmes, il est de couleur blanche, il est porté sur les épaules avec un pan rejeté en arrière,  »

l‘asampikavanana « côté droit en cas de  » fisaonana « c’est-à-dire en signe de deuil,  » l’asampikavia « côté gauche en temps normal. Dans les régions côtières, les lamba ou  » lambahoany  » plus précisément est une pièce de coton rectangulaire, très colorée que les femmes nouent sous les aisselles ou à la taille ou autour de la tête.


Les malgaches ne se séparent jamais de leur lamba. On s’en drape le jour, on s’en couvre la nuit, on s’en ceint la taille pour danser et on en est enveloppé après la mort.

Le lamba n’est pas seulement un symbole de dignité mais encore d’amour. Lors des  » vodiondry « fiançailles les promis procèdent à un échange de lamba. C’est à ce moment que l’assistance prononce le vœu de bonheur pour que leur amour dure aussi longtemps que la vie.


Le lamba est un des attributs de la culture malgache que les touristes vazaha adoptent facilement.

Il existe plusieurs sortes de lamba.


le lamba arindrano : c’est le vêtement de cérémonie des nobles, des riches ou des vieillards.


-le lamba telo soratra : formé de trois bandes de couleurs différentes.


le lambamena : c’est le linceul.


-le jabo-landy : c’est de la soie mélangée avec de la raphia.


l’arindrano landihazo : c’est de la soie mélangée avec du coton.


-le lambahoany : c’est le paréo de coton imprimé que les femmes des régions côtières nouent sous les aisselles ou à la taille.


-le salaka : pagne en soie passé autour des reins et entre les jambes.

 

Les costumes traditionnel malgache

   Les costumes traditionnel malgache

Le costume traditionnel malgache se compose essentiellement de pièces de tissu ou d’étoffe végétale, selon les régions, nouées plutôt que cousues, mais dont les multiples drapés sont un véritable langage. Si tuniques, pagnes et fourreaux traditionnels cèdent peu à peu la place au costume occidental, le lamba reste le vêtement emblématique de Malgaches. Ce grand rectangle de coton ou de soie, porté comme un châle ou un cape, accompagne hommes et femmes toute leur vie durant. Les beaux sont réservés aux défunts.

Lamba
Pièce principale du costume traditionnel malgache, le lamba (tissu) résume tout un art de vivre. Selon qu’il est en raphia (rofia), en coton (landihazo), ou en soie (lambalandy), il protège de la pluie, du froid, du vent ou du soleil et s’adapte à toutes les circonstances de la vie (travaux, fête, deuil…). Il peut aussi se changer en sac, en couverture, en porte-bébé.

Lambamena
C’est le «tissu rouge» en soie sauvage, rehaussé de bande de couleur et de perles, dont on habille les ancêtres.
Jadis, les plus beaux de ce linceul étaient en soie d’araignée matériau prélevé aux glandes séricigènes de l’insecte.


Chapeau

Les hommes portent volontiers le chapeau. Chapeau en cuir, taillé dans une bosse de zébu des Antandroy, petit chapeau à bord roulé des Bara, canotier en paille de riz des Merina, bonnet quadrangulaire en vannerie tressé des Betsileo… , chaque région a le sien.

Etoffes végétales
Le costume traditionnel de la côte orientale est un fourreau de natte, de raphia ou de coton, complété d’une sorte de blouson de raphia. Le pagne en fibre d’écorce, qui évoque le tapa d’Océanie, était jadis porté en forêt.

Salaka

En brousse et dans certaines campagnes, les hommes portent encore le salaka, pagne en tissu passé autour des reins et entre les jambes, en coton blanc pour le quotidien, en soie épaisse parfois rehaussé de perles d’étain et d’un galon pour les grandes occasions.

Couleur
Au XVIIè siècle, Flacourt signale que la couleur du vêtement varie selon la classe sociale, le rouge étant aux nobles, l’indigo aux roturiers.

Malabary
Cette longue chemise d’origine indienne est devenue un vêtement de fête masculin sur les Hautes Terres.

Les rituels du bain à Madagascar

Les rituels du bain à Madagascar
26 octobre 2003

Les « rituels du bain » font partie des manifestations collectives les plus marquantes chez les malgaches. Ces réjouissances populaires, qui offrent l’occasion de renforcer les liens de parenté, confortent également la place et le rôle des uns et des autres dans un schéma familial où symboliquement les aînés, intermédiaires auprès des ancêtres, jouent un rôle majeur. Les pratiques rituelles du bain, qui sont avant tout une fête familiale, sont également liées en certains endroits à un culte dynastique qui marque la légitimité et la reconnaissance d’un ordre hiérarchique. La fête du bain concerne aussi bien le roi régnant qui peut ainsi réactualiser son pouvoir que les reliques royales, identités remarquables d’ancêtres réputés « fondateurs d’un groupe/clan et auxquelles on attribue une force protectrice pour les sociétés qui les vénèrent. Ainsi, la cérémonie, pratiquée sous le nom d’Asaramanitra dans le Sud-Est, de « Ramavaha » en pays Antanosy, et plus communément connue sous le nom de « Fandroana » en Imérina est apparentée au « Fitampoha », au « Tampoke » ou au « Fanompoambe » de la côte ouest.
La date de la fête annuelle du bain est déterminée selon la position de la lune qui doit être en phase montante. Pour les Antaimoro, par exemple, la cérémonie est célébrée 2 à 3 jours après la nouvelle lune. En Imérina, elle est célébrée lors des derniers jours du mois lunaire d’Alohotsy et les jours d’Alahamady. La cérémonie ne dure que quelques jours mais le dicton « antomon-dava ny Fandroana » (la fête du bain est toujours imminente) illustre bien la place centrale de cette fête qui se prépare plusieurs mois à l’avance. Au-delà des festivités qui les accompagnent, la fête du « fandroana » correspond bien à la fin d’une année malgache et le début d’une autre. Il faut noter toutefois que cette fête est « mobile » et varie tous les ans car elle est fixée d’après un calendrier lunaire. Le premier jour de l’an malgache peut donc progressivement passer d’une saison sèche en saison de pluies. Quoiqu’il en soit, la fête du fandroana reste un jour de fête et des rites spécifiques sont observés tant à la cour du souverain que chez le peuple.
Généralement, la fête du bain est préparée deux à trois mois avant le rituel. Les femmes s’affairent aux travaux de confection en cours (tissage et/ou vannerie) qui doivent être achevés avant la célébration tandis que les hommes se chargent des travaux plus durs. La maison représente un centre/pôle de ralliement dans la mesure où tout le monde tend à rejoindre le domicile pour y célébrer les fêtes en famille. La fête du bain est une occasion pour les gens de se rendre visite et s’offrir mutuellement des cadeaux. Cette logique d’offrande et de visites réciproques suit un schéma qui conforte la place et le rôle des uns et des autres selon la place hiérarchique qui les caractérise (les cadets vont en premier lieu visiter les aînés pour leur faire des présents etc). Si le solombodiakoho est le présent des cadets aux aînés, le solompenakoho est le présent des ainés aux cadets. Ces offrandes portent le nom de jaka, gage de loyauté et de respect, et peuvent consister en cadeaux de toutes sortes mais le sens premier du jaka reste la viande provenant du bœuf abattu le jour de la fête. En pays Betsileo, la semaine qui précède la fête du bain est ponctuée par le faran-tsena, dernier marché où chacun s’efforce de s’y rendre richement vêtus. Cette dernière semaine est également la période qui, marquée par le resserrement les liens de sociabilité des uns et des autres, permet aux familles qui n’ont pas d’enfants, d’en accueillir chez eux pendant les jours de fête.
En Imerina, 2 semaines avant la cérémonie proprement dite du Fandroana, le peuple est convoqué pour écouter un Kabary édictant les instructions royales concernant les dates et observances spéciales de la fête. C’est à partir de cette date que commence à courir un « volam-padina » ou « vola masina » c’est à dire un mois consacré pendant lequel chacun est tenu de respecter certaines obligations. Ainsi, si une personne décède durant cette période, elle ne pourra être enterrée qu’à la tombée du jour dans une sépulture temporaire à côté du tombeau familial (fasana an’iritra). De plus la famille du défunt est également exclue des fêtes et ne pourra porter le deuil qu’après l’expiration des 14 journées jubilaires. Les querelles avec le voisinage ou entre les membres de la famille doivent également être strictement suspendues durant le volam-padina. La fête du bain est aussi associée à d’autres restrictions alimentaires plus ou moins sévères. En Imérina, il était strictement interdit – jusqu’à l’époque d’Andrianampoinimerina – de manger autre chose que du poisson en accompagnement des légumes. Par la suite, on autorisa progressivement la consommation de volaille que l’on appellera fo-tsy-aritra. Les Antaimoro s’abstiennent de boire du rhum pendant le mois qui précède la cérémonie. Chez les Tanala, la fête annuelle du « tsiangeha » ou « tsiangaika » correspondant au fandroana se démarque par le « faosa », mois au cours duquel aucun Tanala n’est censé travailler ou se déplacer.
La période du fandroana induit des pratiques bien spécifiques. Ceux qui avaient enterré de nuit leurs défunts devaient enjamber un feu installé devant l’embrasure de leur porte avant de pénétrer dans leur habitation. Par ailleurs, afin de ne pas faire fuir, voire attirer le courroux des proches fraîchement décédés, les familles frappées par le deuil devaient éviter de faire du feu. Outre la trève des querelles personnelles ou autres entre les groupes/individus, la « vavy misintaka » (femme qui a quitté son foyer) était tenue de regagner le domicile conjugal lors de la veille du nouvel an malgache très précisément. L’ « alin-dratsy » (mauvaise nuit) oblige donc les réconciliations, ne serait ce que temporairement, entre les couples. Le non respect de ces observances pouvait entraîner une lourde sanction surtout pour la femme qui, si elle est déclarée par son conjoint « vadin’ny lanitra sy ny tany » (épouse du ciel et de la terre) ne pourra plus se remarier. La nuit précédant le fandroana, les enfants sortent aux alentours avec des « harendrina », des torches allumées avec de la paille au bout de batonnets. Ces feux sont réputés chasser les esprits impurs qui pourraient encore rôder autour des vivants. Il est toutefois à noter que la veillée du fandroana – dite également andro tsy maty – est généralement réputée comme une nuit d’ivresse et de licence sexuelle où tous les excès sont impunis dans la mesure où ils ne perturbent pas la vie du royaume. L’ordre social est à rétabli dès le lendemain par le rituel royal.
Pour les Antaimoro, le bain du chef était public et avait lieu dans l’eau de la rivière qui était gardée contre les jeteurs de sorts jusqu’au lendemain où le peuple se baignait. Le bain du roi est suivi du bain de toute la population. Toutefois, tout événement fâcheux, ou tout incident réputé de mauvaise augure survenant pendant le bain du chef entraîne le report voire même la suppression des festivités populaires. Pour les Antanosy, le rituel du Fandroana consiste à se frictionner le corps d’une décoction de béthel qui teint en rouge puis de mâcher du vahy mantsina (feuilles dont l’odeur est très désagréable) pour aller se laver ensuite à l’eau chaude afin de conjurer le mauvais sort avant de prendre le repas.
En Imerina, le Bain du souverain se déroule, au coucher du soleil, dans l’enceinte du palais Royal. L’eau qui va servir au bain du souverain doit être puisée, avec une corne blanche, dans le lac sacré d’Anganomasina où avait été ensevelie Rangita, aïeule de la dynastie Merina. Le chercheur d’eau – qui doit appartenir au clan des Andriamitondra – ne doit pas être orphelin de père ni de mère. La sacralité de l’eau ainsi recueillie est encore renforcée par quelques éléments que le devin y rajoute à savoir des tsileondoza (perles rouges), une pièce d’ariary (5frs toute neuve) , du ravoravo (terre blanche). L’eau sainte est chauffée sur l’un des foyers construits dans la salle du trône. Ce sont des Talasora, les croque-morts royaux, qui assurent le service et font prendre le bain au roi qui s’est enduit auparavant du sang de coq rouge sur certaines parties du corps. Après son bain, le roi revêtu de ses vêtements royaux reparaît et bénit l’assistance, vêtue selon l’usage de soie blanche, en l’aspergeant avec l’eau contenue dans la corne blanche. Les personnes présentes participent ensuite au repas collectif au cours duquel la viande du jaka prend toute son importance. Les morceaux de viande échangés pendant cette période dits « Nofon-kena mitam-pihavanana » scellent la parenté. La cérémonie est clôturée par un hommage au Souverain qui se voit remettre – par chaque représentant des clans – une piastre non coupée. En parallèle, chaque aîné apporte également dans son foyer la bénédiction pour la famille dont il a la responsabilité. C’est le rite du « Safo rano » ou « Tatao rano ». Un officiant est choisi dans la famille pour aller puiser de l’eau dans le lac sacré d’Antsahatsiroa. Une fois que l’eau a été tiédie, chacun y trempe ses doigts et les porte sur la tête tout en implorant à Dieu la sauvegarde de l’unité de sa famille. En Imerina, le fandroana a été célébré pour la dernière fois le 22 novembre 1896.
Dans la conception philosophique malgache, l’irruption d’un désordre (maladie, cataclysme naturel…etc) s’interprète souvent comme un message qu’un ancêtre tente de faire passer pour signaler la transgression d’un interdit ou la non observance d’obligations cultuelles. C’est la reconnaissance formelle et ritualisée de la présence des ancêtres qui permet à ceux-ci d’interférer dans la vie quotidienne des vivants. Les reliques font partie de ce monde des esprits. On cherche donc à s’approprier leurs pouvoirs ou leur forces « fécondes » pour les canaliser vers la réalisation de projets collectifs. En pays sakalava, le culte dynastique est représenté symboliquement par la procession et le bain des reliques royales lors d’un « tampoke » (dans le Sud Ouest) , d’un « fitampoha » (dans le Menabe) ou d’un « fanompoa » dans le Boina.
Chez les Andrevola, le tampoke du Sud Ouest, est exclusivement un culte dynastique qui est déclenché afin de calmer les ancêtres et obtenir leur bénédiction pour faire face à un événement tel que la sécheresse, le cyclone..etc. Les jiny (reliques), transférés pour la cérémonie dans le zomba, sont transportés par les porteurs jusqu’à Ambinany, confluent de la Manombo et de la Ranozaza. Pour parfaire le parcours royal dans le Boina, le peuple qui suit le cortège s’arrête à chaque village pour présenter les reliquaires. Arrivés devant la berge et au signal de la conque, les kiriamena débarrassent les reliques des bandes d’étoffes qui leur servent d’attache. Le mpitoka s’avance dans l’eau jusqu’à mi cuisse. Il y verse une libation du rhum, toamena, pour les ancêtres qui gardent le confluent. Il les invoque pour que tout se passe bien et pour que tous soient en sécurité dans l’eau. Les batteurs d’eau avancent dans l’eau, suivies des mpibaby qui s’enfoncent dans l’eau avec les reliques et des mpanosotse qui ont pour mission de frotter les pièces d’or, trois fois de suite et les canines de crocodiles de la relique. Les officiants sortent de l’eau puis le fahatelo invite l’assistance, au son de la conque qui retentit huit fois, à écouter le mpitoka qui va présenter les reliques au peuple. Puis on habille les reliques en les recouvrant de l’étoffe rouge. Au signal de la conque marine, le cortège fait demi-tour pour revenir au zomba. Le fahatelo enduira ensuite chaque relique avec de la graisse de bœuf sacrifié lors de l’ouverture du zomba. Après la proclamation d’un saotsy (sacrifice de remerciement), un zébu est sacrifié. Le sang recueilli sert à enduire les poteaux sacrés de hazomitahy et de hazomanga. Une partie de la bosse et du foie sont destinés aux ancêtres royaux. Le reste est distribué aux participants qui quittent la place au fur et à mesure du partage de la viande. Pour terminer le rituel, les kiriamena rapportent les jiny au domicile du roi régnant afin que celles-ci puissent être rangées avec tous les autres objets ayant servi au rite.
Le Fitampoha du Menabe, célébré depuis 1994 tous les cinq ans, se déroule toujours dans un village provisoire, construit sur l’îlot de sable d’Ampasy, et dans lequel toute la population va vivre pendant une semaine. Pendant la semaine, mises à part le lundi et le mercredi, qui sont considérés comme fady, les gens du village se prêtent aux accueils des invités et aux discussions diverses. Tous les emplacements dans le village – des dady aux invités – sont codifiés selon des règles bien précises. La cérémonie commence le jeudi soir par l’immolation d’un bœuf devant le zomba où sont déposées les reliques et la désignation des « mpibaby » (porteurs des reliques et des objets rituels). Le soir, on réveille les esprits lors d’une grande fête, le valabe, où le son des tambours et des battements de main accompagnent vigoureusement les chants et les danses. Le vendredi, la procession – ouverte par les mpibaby – se rend jusqu’au fleuve de Tsiribihina en réalisant les mouvements circulaires. Ils pénètrent avec les andevonjanahary dans l’eau et s’arrêtent lorsque l’eau atteint la hauteur du genou. La famille princière, debout, les suit en pirogue. Les dady ainsi que les autres objets rituels sont alors trempés un par un dans l’eau. Une fois séchées, les reliques sont enduites avec de la graisse de bœuf. Après la prière d’invocation, les participants se partagent la viande du bœuf soavolo (au joli pelage) qui est donc devenue un « omby manitse (bœuf parfumé) après son immolation. Le samedi, les participants abandonnent le village d’Ampasy et les reliques sont rapportées au village. La cérémonie est clôturée par le sacrifice d’un zébu monté sur un cadre en bois.
Le fanompoabe de Majunga, généralement célébré en juillet, est surtout marqué par le bain consacré à l’ancêtre-roi. La préparation de cette grande cérémonie se fait 6 mois à l’avance. Entre février et mars, les descendants d’Ambatolampy (les voromahery) et ceux d’Ambalakida (les zafitatiana) se rendent dans la forêt pour récolter le miel – cueilli des ruches spécialement réservées pour le fanompoa- qui servira à oindre les reliques. En avril, les sambiarivo se chargent de nettoyer le doany, lieu où sont conservées les reliques et où se déroulera le grand rituel. En mai, les deux groupes porteurs de miel se retrouvent à Antanimasaja pour se rendre ensemble au doany et procèdent à la cuisson du miel. Toutes les étapes de préparation de la cérémonie donnent lieu à des réjouissances et des processions. La cérémonie en elle-même dure environ une semaine. Au nord est du doany, les femmes apposent sur le front de chaque participant 8 taches de tanimalandy (le chiffre huit exprime le pouvoir du roi sur l’espace régi par les huit directions). Le dimanche soir, veille du Grand Jour, a lieu le Tsimandrimandry où les esprits sont réveillés par des rythmes de tambours et d’accordéons accompagnés également de chants et de battements de main. L’eau qui servira à l’aspersion des 4 coins du doany et au nettoyage des reliques d’Andriamisara est puisée au matin du Grand Jour par les femmes de lignages royaux à Antsahabingo. Les reliques sont nettoyées, à huis clos, avec un mélange de terre, de kinana (huile à base de pignon d’inde), d’eau et de miel. Un dernier discours est proclamé à l’attention d’Andriamisara afin que ce dernier apporte sa bénédiction aux participants qui sont venus lui rendre hommage. La cérémonie est close au coucher du soleil.
Mais le rituel des bains de reliques n’est pas l’apanage exclusif de la dynastie sakalava. Lors d’un fampandroana, chez les Tanala, le porteur désigné – par les anciens du village – des régalia se dirige au confluent de deux rivières avec la corbeille contenant les restes précieux sur la tête. Un bœuf volavita est sacrifié au bord de l’eau et dès que le sang sacrificiel coulait dans la rivière, le porteur entrait dans l’eau et baignait les reliques. Le peuple suivait les lambohamba et se baignait autour d’elles mais sans les éclabousser, Une imploration des ancêtres lors d’une série de prières et de cérémonies dans la maison des reliques va clôturer la cérémonie. Chez les descendants de la reine Finaoky, les dady sont auparavant immergées dans un petit affluent de la rivière appelé Ranomanintsy, situé près d’Analaiva, mais en raison du tarissement de cette rivière, le bain des reliques est pratiqué à huis clos. Les reliques sont alors enduites d’un mélange d’eau, de graisse et de miel cuit. A noter également que d’autres rivières ou fleuves sont utilisés pour d’autres bains de reliques tels que le fleuve d’Onilahy (bain de reliques des tetembola de saint Augustin) ou encore le fleuve de Maningoza ( pour les Antranovolona, originaires de Besalampy).
Le rapprochement entre le bain royal et le bain des reliques laisse apparaître que même si les pratiques rituelles varient selon les régions, on observe une certaine similitude dans les éléments structurels qui constituent les rituels du bain à Madagascar. Comme pour le fandroana, l’organisation du bain des reliques se prépare plusieurs mois à l’avance. La date de la cérémonie du bain est fixée à la période qui correspond au plein épanouissement de la lune. La veillée se caractérise par des excès divers. Comme pour les Talasora en Imérina, les officiants pour le bain des reliques sont choisis dans les groupes sociaux qui en détiennent les charges héréditaires.
Lily RAHAROLAHY
Sources bibliographiques :
Madagascar : les ancêtres au quotidien : Malanjaona RAKOTOMALALA, Sophie BLANCHY, Françoise RAISON-JOURDE
Les reliques royales à Madagascar : Marie-Pierre BALLARIN
Les conceptions religieuses des anciens Malgaches : Lars VIG
The ritual of Royal bath in Madagascar :Maurice BLOCH
Le bain royal à Madagascar : Louis MOLET

Le Tsangan’olona : une pièce de monnaie, de l’argent, et des croyances

5 francs ou piastre de la 2ème et 3ème république
Nom malgache de la monnaie : tsangan’olona

Ces monnaies étaient tellement prisées à Madagascar que leur valeur marchande vers 1950 était nettement supérieure à leur valeur métallique réelle en France… Un commerce de monnaies vit alors le jour, de grande quantité de monnaies furent chargées à la pelle dans des sacs pour être ensuite transportées par bateau à destination de l’ile de Madagascar…

Les premières monnaies de Madagascar étaient principalement françaises au 17e siècle. Les échanges commerciaux entre les deux nations étaient alors basés sur le troc, une situation très favorable aux Français. « Ohatr’inona » signifie « combien cela coute » aujourd’hui. Ce terme avait été utilisé dans son sens littéral jadis : « l’équivalent de quoi ».

Avant l’utilisation de l’argent pour le commerce, des zébus, des vivres et aussi des esclaves étaient échangés pour des pacotilles. Quand les Malgaches ont pris gout à l’argent grâce aux transactions avec les navires qui passaient dans l’océan Indien, le roi Louis XIV a donné l’ordre de contrecarrer cette nouvelle habitude. Les cours des matières premières, des zébus et des vivres avaient augmenté.

De toutes les devises qui avaient cours sur la Grande Ile, c’est la piastre française qui a traversé l’histoire monétaire du pays. La pièce de monnaie de 5 francs était connue à l’effigie d’empereurs et de rois : Napoléon, Louis XVII, Charles X, Louis Philippe, Napoléon III. Son nom en malgache était une description de la pièce ou du personnage : malamakely, behatoka, mandrihavia, ampongabe.

A cause de la pénurie de monnaie divisionnaire, les piastres ont été coupées en petits morceaux dont la valeur correspondait à la taille. Au 18e siècle, les riches n’avaient pas seulement des terres, des esclaves et des zébus, ils avaient aussi de l’argent. « Les mpanarivo » qui possédaient plus de mille piastres étaient des gens puissants.

La relation des Malgaches avec l’argent était très mystique. Des défunts se font enterrer avec leurs piastres. La royauté a contribué à la mystification : quelque 22 000 piastres ont été fondues pour le cercueil de la reine Rasoherina en 1868. Les princes qui recevaient des pièces entières provenant des impôts devaient en donner une au nouveau souverain en signe d’allégeance, lors du bain royal et à chaque audience.

Le Tsangan’olona est différent des piastres de par sa valeur métallique. Cette pièce en argent a été conservée par ses possesseurs et ne circulaient pas beaucoup. Les Malgaches l’aimaient tellement qu’ils refusaient les billets avant que les colons ne les y obligent. Si les piastres et les pièces précédentes affichaient des portraits, sur le Tsangan’olona, on retrouve trois personnes debout. La symbolique de la justice et les inscriptions « Liberté, Egalité, Fraternité » sont secondaires.

Le mot « Tsangan’olona » a un sens figuré qui signifie faire lever le destin d’une personne. Ainsi, il y a un siècle, une personne accusée au tribunal lave son corps avec de l’eau sanctifiée par la pièce en argent pour que son innocence soit reconnue. Le métal argent est perçu par les Malgaches comme ayant une vertu purificatrice du corps et de l’âme. Le Tsangan’olona est très utilisée pendant les séances de Tromba ou de possession. Une personne qui se sent souillée par la saleté ou par la sorcellerie met la pièce de monnaie dans son eau avant de se laver.

Ces croyances ont favorisé le marché de cette pièce de monnaie ancienne qui n’a plus cours. Aujourd’hui, le Tsangan’olona se fait rare et coute entre 60 000 et 120 000 ariary (1 euro = 2900 ariary). Beaucoup de gens n’y voient que du métal en argent pour faire des bracelets ou des colliers.

Prière invocation aux Ancêtres

Prière d’invocation des Ancêtres
Dans la religion traditionnelle Malgache la prière, comme dans toutes les autres religions, la prière revêt une importance primordiale et son exécution suit une codification particulière. On ne peut pas parler de prière sans d’abord parler de la notion d’espace et d’orientation.
Il est important de signalé que dans la pensé malgache il y a deux manière de concevoir l’orientation. La première se base sur les points cardinaux on l’appelle les « zoron-tany » et la seconde est l’espace occupé par les points cardinaux les « fafy tany ».

Les destins mère « renimbitana » du système de l’astrologie malgache « le Vitana » sont placé sur les zoron-tany et les zanabitana les destins enfants sur les fafy tany. La notion d’espace, qui régis toute la structure social et cérémonial des malgaches ne s’exprime que par le zoron-tany, les points cardinaux. Dans la culture malgache la notion de globe terrestre se limite aux points cardinaux.
La personne qui fait la prière ou le kabary (discours) après avoir invoqué le créateur (Zanahary, Andriananahary ou Andriamanitra), les ancêtres et les esprits énumère les 4 points cardinaux
1. Andriananahary le créateur(s). Suivant les régions de l’île il invoque Zanahary ambony et Zanahary ambany, le dieu d’en haut et le dieu d’en bas. Ils peuvent être aussi Zanahary lahy et Zanahary vady, dieu homme et dieu femme. En générale on fait suivre par expression « Zagnahary nanao ny fofokaina » Dieu qui a créé le souffle de vie.
2. Les ancêtres sont eux cités en deux catégories.
1. Les ancêtres royaux, quand ils sont invoqués (ce qui n’est pas systématique), le sont immédiatement après Andriananahary.
2. Les ancêtres familiaux, sont cité en premier ceux de la ligné du père puis ceux de la mère du père, ensuite sont nommés ceux de la ligné du père de la mère et celle de la mère de la mère.
On invoque les ancêtres toujours en commençant par l’ancêtre fondateur de la ligné pour finir aux ancêtres commun les plus proche en terme de date de décès. Il faut garder en mémoire que chez les malgaches après la mort l’esprit du défunt garde le même statut social que de son vivant.

1. Les esprits ou les divinités. Celles qui sont cités sont les tsiny, les kolo et les kalanoro. Bien souvent les divinités sont symbolisées par les « lafy tany valo » qui pressente les huit directions : les quatre points cardinaux et les quatre espaces entre les points. Pour éclairer la chose on les places sur le même niveau que les destins mère renimbitana et les destins secondaires zanabitana. Nombreux sont ceux qui simplifie simplement en disant les zoron-tany efatra, les quatre points cardinaux.
Certain Ombiasy (devin-guérisseur) considère que tous les ancêtres dont on peut se souvenir font partis du domaine du vivant et tous ceux dont on ne peut se souvenir du domaine des esprits et des divinités. A cette vision les esprits et les divinités sont cités après dieu et avant les ancêtres.Nosy Komba