Les dix points essentiels des croyances Sakalava

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Les dix points essentiels des croyances Sakalava

1.Les Sakalava conçoivent le Cosmos comme une unité qui englobe à la fois le monde visible et le monde invisible, le monde des Humains et le monde des Divinités. Le monde visible ne fait que reproduire sur différents plans les archétypes qui l’organisent. Sans être statique, cette réalité indivise de l’univers est pensée comme accomplie dans son essence.

2.Il est une Puissance supérieure, Source et Principe de toute Vie, Créatrice de tout ce qui existe, Maître de l’Univers, à l’origine de l’humanité. Elle constitue une entité corporative qui remplit le Cosmos dont elle est l’Organisatrice, le Support, et porte le nom générique de Zañahary.

3.Les Sakalava honorent les Ancêtres, Razaña, qui sont promus au rang de la Divinité. Ils sont également considérés comme source de Vie et traités comme intercesseurs des vivants auprès de Zañahary.

4.Les différents Esprits-tromba, les tiñy, Génies de l’Eau et du Feu, les Génies de l’Air et de la Terre, appartiennent à la formation des Puissances ouraniennes, telluriques et chtoniennes. Agonistes ou Antagonistes de la Puissance divine dans le monde et le cosmos, elles peuvent être, selon les cas, bénéfiques ou maléfiques.

5.Les setoany, satans, et les njary nintsy, mauvais esprits, les lolo raty, les lolo vokatra et les boribe, fantômes, revenants et esprits errants, ainsi que les tromba raty, quintessence de toutes les puissances du Mal, forment la catégorie maléfique des Esprits que manipulent constamment les ampamoriky sorciers, au détriment de la société.

6.Les Ministres sacrés et les Fonctionnaires du Culte, que sont le devin Ampisikidy et le médium Saha, l’astrologue Ampanara-bintana et le guérisseur Moasy, le roi Ampanjaka et l’orant Ampijoro, passent pour des Zañaharin-tany, dieux sur terre, et constituent des substituts de la Divinité qui vivent parmi les hommes et des médiateurs entre le Monde visible et le Monde invisible.

7.Les Sakalava pensent que les aody, médications sacrées, remèdes, charmes et objets prophylaxiques, sont nantis de vertus efficaces capables de protéger la Vie heñy ou fahiñana, dé préserver des malheurs et de guérir diverses maladies aretiñy, sans oublier qu’ils peuvent aussi provoquer la Mort fahafatesana.

Aody, médications sacrées, remèdes, charmes et objets prophylaxiques

8.Les Ray-aman-dreny, parents et personnes âgées, se présentent comme l’image du couple Soleil et Lune et passent pour la source naturelle et matérielle de la Vie. En édictant des normes, qui sont codifiées dans les traditions fomba et les interdits fady, ils garantissent la perpétuation de la vie sociale.

9.Le fihavanana, consanguinité, convivialité, solidarité et relations interpersonnelles, a pour objectif premier de toujours épanouir le heny, la Vie dans toutes ses dimensions, physique, psychologique et éthique au moyen du fañahy, conscience morale et instance suprême de tout l’agir.

10.Il existe une relation dialectique et permanente dans un mouvement cyclique entre le monde des humains et celui des ancêtres et de la Divinité, dont la dynamique et le passage symbolique s’opèrent par la célébration des Rites que sont les Joro et le Tromba, tandis que le passage ontologique se réalise au travers de la Naissance et de la Mort.

 

« Mythes, rites et transes à Madagascar », de Robert Jaovelo-Dzao, Karthala Editions, 1996, 392 p.

 

 

 

 

 

 

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