Les rituels du bain à Madagascar

Les rituels du bain à Madagascar
26 octobre 2003

Les « rituels du bain » font partie des manifestations collectives les plus marquantes chez les malgaches. Ces réjouissances populaires, qui offrent l’occasion de renforcer les liens de parenté, confortent également la place et le rôle des uns et des autres dans un schéma familial où symboliquement les aînés, intermédiaires auprès des ancêtres, jouent un rôle majeur. Les pratiques rituelles du bain, qui sont avant tout une fête familiale, sont également liées en certains endroits à un culte dynastique qui marque la légitimité et la reconnaissance d’un ordre hiérarchique. La fête du bain concerne aussi bien le roi régnant qui peut ainsi réactualiser son pouvoir que les reliques royales, identités remarquables d’ancêtres réputés « fondateurs d’un groupe/clan et auxquelles on attribue une force protectrice pour les sociétés qui les vénèrent. Ainsi, la cérémonie, pratiquée sous le nom d’Asaramanitra dans le Sud-Est, de « Ramavaha » en pays Antanosy, et plus communément connue sous le nom de « Fandroana » en Imérina est apparentée au « Fitampoha », au « Tampoke » ou au « Fanompoambe » de la côte ouest.
La date de la fête annuelle du bain est déterminée selon la position de la lune qui doit être en phase montante. Pour les Antaimoro, par exemple, la cérémonie est célébrée 2 à 3 jours après la nouvelle lune. En Imérina, elle est célébrée lors des derniers jours du mois lunaire d’Alohotsy et les jours d’Alahamady. La cérémonie ne dure que quelques jours mais le dicton « antomon-dava ny Fandroana » (la fête du bain est toujours imminente) illustre bien la place centrale de cette fête qui se prépare plusieurs mois à l’avance. Au-delà des festivités qui les accompagnent, la fête du « fandroana » correspond bien à la fin d’une année malgache et le début d’une autre. Il faut noter toutefois que cette fête est « mobile » et varie tous les ans car elle est fixée d’après un calendrier lunaire. Le premier jour de l’an malgache peut donc progressivement passer d’une saison sèche en saison de pluies. Quoiqu’il en soit, la fête du fandroana reste un jour de fête et des rites spécifiques sont observés tant à la cour du souverain que chez le peuple.
Généralement, la fête du bain est préparée deux à trois mois avant le rituel. Les femmes s’affairent aux travaux de confection en cours (tissage et/ou vannerie) qui doivent être achevés avant la célébration tandis que les hommes se chargent des travaux plus durs. La maison représente un centre/pôle de ralliement dans la mesure où tout le monde tend à rejoindre le domicile pour y célébrer les fêtes en famille. La fête du bain est une occasion pour les gens de se rendre visite et s’offrir mutuellement des cadeaux. Cette logique d’offrande et de visites réciproques suit un schéma qui conforte la place et le rôle des uns et des autres selon la place hiérarchique qui les caractérise (les cadets vont en premier lieu visiter les aînés pour leur faire des présents etc). Si le solombodiakoho est le présent des cadets aux aînés, le solompenakoho est le présent des ainés aux cadets. Ces offrandes portent le nom de jaka, gage de loyauté et de respect, et peuvent consister en cadeaux de toutes sortes mais le sens premier du jaka reste la viande provenant du bœuf abattu le jour de la fête. En pays Betsileo, la semaine qui précède la fête du bain est ponctuée par le faran-tsena, dernier marché où chacun s’efforce de s’y rendre richement vêtus. Cette dernière semaine est également la période qui, marquée par le resserrement les liens de sociabilité des uns et des autres, permet aux familles qui n’ont pas d’enfants, d’en accueillir chez eux pendant les jours de fête.
En Imerina, 2 semaines avant la cérémonie proprement dite du Fandroana, le peuple est convoqué pour écouter un Kabary édictant les instructions royales concernant les dates et observances spéciales de la fête. C’est à partir de cette date que commence à courir un « volam-padina » ou « vola masina » c’est à dire un mois consacré pendant lequel chacun est tenu de respecter certaines obligations. Ainsi, si une personne décède durant cette période, elle ne pourra être enterrée qu’à la tombée du jour dans une sépulture temporaire à côté du tombeau familial (fasana an’iritra). De plus la famille du défunt est également exclue des fêtes et ne pourra porter le deuil qu’après l’expiration des 14 journées jubilaires. Les querelles avec le voisinage ou entre les membres de la famille doivent également être strictement suspendues durant le volam-padina. La fête du bain est aussi associée à d’autres restrictions alimentaires plus ou moins sévères. En Imérina, il était strictement interdit – jusqu’à l’époque d’Andrianampoinimerina – de manger autre chose que du poisson en accompagnement des légumes. Par la suite, on autorisa progressivement la consommation de volaille que l’on appellera fo-tsy-aritra. Les Antaimoro s’abstiennent de boire du rhum pendant le mois qui précède la cérémonie. Chez les Tanala, la fête annuelle du « tsiangeha » ou « tsiangaika » correspondant au fandroana se démarque par le « faosa », mois au cours duquel aucun Tanala n’est censé travailler ou se déplacer.
La période du fandroana induit des pratiques bien spécifiques. Ceux qui avaient enterré de nuit leurs défunts devaient enjamber un feu installé devant l’embrasure de leur porte avant de pénétrer dans leur habitation. Par ailleurs, afin de ne pas faire fuir, voire attirer le courroux des proches fraîchement décédés, les familles frappées par le deuil devaient éviter de faire du feu. Outre la trève des querelles personnelles ou autres entre les groupes/individus, la « vavy misintaka » (femme qui a quitté son foyer) était tenue de regagner le domicile conjugal lors de la veille du nouvel an malgache très précisément. L’ « alin-dratsy » (mauvaise nuit) oblige donc les réconciliations, ne serait ce que temporairement, entre les couples. Le non respect de ces observances pouvait entraîner une lourde sanction surtout pour la femme qui, si elle est déclarée par son conjoint « vadin’ny lanitra sy ny tany » (épouse du ciel et de la terre) ne pourra plus se remarier. La nuit précédant le fandroana, les enfants sortent aux alentours avec des « harendrina », des torches allumées avec de la paille au bout de batonnets. Ces feux sont réputés chasser les esprits impurs qui pourraient encore rôder autour des vivants. Il est toutefois à noter que la veillée du fandroana – dite également andro tsy maty – est généralement réputée comme une nuit d’ivresse et de licence sexuelle où tous les excès sont impunis dans la mesure où ils ne perturbent pas la vie du royaume. L’ordre social est à rétabli dès le lendemain par le rituel royal.
Pour les Antaimoro, le bain du chef était public et avait lieu dans l’eau de la rivière qui était gardée contre les jeteurs de sorts jusqu’au lendemain où le peuple se baignait. Le bain du roi est suivi du bain de toute la population. Toutefois, tout événement fâcheux, ou tout incident réputé de mauvaise augure survenant pendant le bain du chef entraîne le report voire même la suppression des festivités populaires. Pour les Antanosy, le rituel du Fandroana consiste à se frictionner le corps d’une décoction de béthel qui teint en rouge puis de mâcher du vahy mantsina (feuilles dont l’odeur est très désagréable) pour aller se laver ensuite à l’eau chaude afin de conjurer le mauvais sort avant de prendre le repas.
En Imerina, le Bain du souverain se déroule, au coucher du soleil, dans l’enceinte du palais Royal. L’eau qui va servir au bain du souverain doit être puisée, avec une corne blanche, dans le lac sacré d’Anganomasina où avait été ensevelie Rangita, aïeule de la dynastie Merina. Le chercheur d’eau – qui doit appartenir au clan des Andriamitondra – ne doit pas être orphelin de père ni de mère. La sacralité de l’eau ainsi recueillie est encore renforcée par quelques éléments que le devin y rajoute à savoir des tsileondoza (perles rouges), une pièce d’ariary (5frs toute neuve) , du ravoravo (terre blanche). L’eau sainte est chauffée sur l’un des foyers construits dans la salle du trône. Ce sont des Talasora, les croque-morts royaux, qui assurent le service et font prendre le bain au roi qui s’est enduit auparavant du sang de coq rouge sur certaines parties du corps. Après son bain, le roi revêtu de ses vêtements royaux reparaît et bénit l’assistance, vêtue selon l’usage de soie blanche, en l’aspergeant avec l’eau contenue dans la corne blanche. Les personnes présentes participent ensuite au repas collectif au cours duquel la viande du jaka prend toute son importance. Les morceaux de viande échangés pendant cette période dits « Nofon-kena mitam-pihavanana » scellent la parenté. La cérémonie est clôturée par un hommage au Souverain qui se voit remettre – par chaque représentant des clans – une piastre non coupée. En parallèle, chaque aîné apporte également dans son foyer la bénédiction pour la famille dont il a la responsabilité. C’est le rite du « Safo rano » ou « Tatao rano ». Un officiant est choisi dans la famille pour aller puiser de l’eau dans le lac sacré d’Antsahatsiroa. Une fois que l’eau a été tiédie, chacun y trempe ses doigts et les porte sur la tête tout en implorant à Dieu la sauvegarde de l’unité de sa famille. En Imerina, le fandroana a été célébré pour la dernière fois le 22 novembre 1896.
Dans la conception philosophique malgache, l’irruption d’un désordre (maladie, cataclysme naturel…etc) s’interprète souvent comme un message qu’un ancêtre tente de faire passer pour signaler la transgression d’un interdit ou la non observance d’obligations cultuelles. C’est la reconnaissance formelle et ritualisée de la présence des ancêtres qui permet à ceux-ci d’interférer dans la vie quotidienne des vivants. Les reliques font partie de ce monde des esprits. On cherche donc à s’approprier leurs pouvoirs ou leur forces « fécondes » pour les canaliser vers la réalisation de projets collectifs. En pays sakalava, le culte dynastique est représenté symboliquement par la procession et le bain des reliques royales lors d’un « tampoke » (dans le Sud Ouest) , d’un « fitampoha » (dans le Menabe) ou d’un « fanompoa » dans le Boina.
Chez les Andrevola, le tampoke du Sud Ouest, est exclusivement un culte dynastique qui est déclenché afin de calmer les ancêtres et obtenir leur bénédiction pour faire face à un événement tel que la sécheresse, le cyclone..etc. Les jiny (reliques), transférés pour la cérémonie dans le zomba, sont transportés par les porteurs jusqu’à Ambinany, confluent de la Manombo et de la Ranozaza. Pour parfaire le parcours royal dans le Boina, le peuple qui suit le cortège s’arrête à chaque village pour présenter les reliquaires. Arrivés devant la berge et au signal de la conque, les kiriamena débarrassent les reliques des bandes d’étoffes qui leur servent d’attache. Le mpitoka s’avance dans l’eau jusqu’à mi cuisse. Il y verse une libation du rhum, toamena, pour les ancêtres qui gardent le confluent. Il les invoque pour que tout se passe bien et pour que tous soient en sécurité dans l’eau. Les batteurs d’eau avancent dans l’eau, suivies des mpibaby qui s’enfoncent dans l’eau avec les reliques et des mpanosotse qui ont pour mission de frotter les pièces d’or, trois fois de suite et les canines de crocodiles de la relique. Les officiants sortent de l’eau puis le fahatelo invite l’assistance, au son de la conque qui retentit huit fois, à écouter le mpitoka qui va présenter les reliques au peuple. Puis on habille les reliques en les recouvrant de l’étoffe rouge. Au signal de la conque marine, le cortège fait demi-tour pour revenir au zomba. Le fahatelo enduira ensuite chaque relique avec de la graisse de bœuf sacrifié lors de l’ouverture du zomba. Après la proclamation d’un saotsy (sacrifice de remerciement), un zébu est sacrifié. Le sang recueilli sert à enduire les poteaux sacrés de hazomitahy et de hazomanga. Une partie de la bosse et du foie sont destinés aux ancêtres royaux. Le reste est distribué aux participants qui quittent la place au fur et à mesure du partage de la viande. Pour terminer le rituel, les kiriamena rapportent les jiny au domicile du roi régnant afin que celles-ci puissent être rangées avec tous les autres objets ayant servi au rite.
Le Fitampoha du Menabe, célébré depuis 1994 tous les cinq ans, se déroule toujours dans un village provisoire, construit sur l’îlot de sable d’Ampasy, et dans lequel toute la population va vivre pendant une semaine. Pendant la semaine, mises à part le lundi et le mercredi, qui sont considérés comme fady, les gens du village se prêtent aux accueils des invités et aux discussions diverses. Tous les emplacements dans le village – des dady aux invités – sont codifiés selon des règles bien précises. La cérémonie commence le jeudi soir par l’immolation d’un bœuf devant le zomba où sont déposées les reliques et la désignation des « mpibaby » (porteurs des reliques et des objets rituels). Le soir, on réveille les esprits lors d’une grande fête, le valabe, où le son des tambours et des battements de main accompagnent vigoureusement les chants et les danses. Le vendredi, la procession – ouverte par les mpibaby – se rend jusqu’au fleuve de Tsiribihina en réalisant les mouvements circulaires. Ils pénètrent avec les andevonjanahary dans l’eau et s’arrêtent lorsque l’eau atteint la hauteur du genou. La famille princière, debout, les suit en pirogue. Les dady ainsi que les autres objets rituels sont alors trempés un par un dans l’eau. Une fois séchées, les reliques sont enduites avec de la graisse de bœuf. Après la prière d’invocation, les participants se partagent la viande du bœuf soavolo (au joli pelage) qui est donc devenue un « omby manitse (bœuf parfumé) après son immolation. Le samedi, les participants abandonnent le village d’Ampasy et les reliques sont rapportées au village. La cérémonie est clôturée par le sacrifice d’un zébu monté sur un cadre en bois.
Le fanompoabe de Majunga, généralement célébré en juillet, est surtout marqué par le bain consacré à l’ancêtre-roi. La préparation de cette grande cérémonie se fait 6 mois à l’avance. Entre février et mars, les descendants d’Ambatolampy (les voromahery) et ceux d’Ambalakida (les zafitatiana) se rendent dans la forêt pour récolter le miel – cueilli des ruches spécialement réservées pour le fanompoa- qui servira à oindre les reliques. En avril, les sambiarivo se chargent de nettoyer le doany, lieu où sont conservées les reliques et où se déroulera le grand rituel. En mai, les deux groupes porteurs de miel se retrouvent à Antanimasaja pour se rendre ensemble au doany et procèdent à la cuisson du miel. Toutes les étapes de préparation de la cérémonie donnent lieu à des réjouissances et des processions. La cérémonie en elle-même dure environ une semaine. Au nord est du doany, les femmes apposent sur le front de chaque participant 8 taches de tanimalandy (le chiffre huit exprime le pouvoir du roi sur l’espace régi par les huit directions). Le dimanche soir, veille du Grand Jour, a lieu le Tsimandrimandry où les esprits sont réveillés par des rythmes de tambours et d’accordéons accompagnés également de chants et de battements de main. L’eau qui servira à l’aspersion des 4 coins du doany et au nettoyage des reliques d’Andriamisara est puisée au matin du Grand Jour par les femmes de lignages royaux à Antsahabingo. Les reliques sont nettoyées, à huis clos, avec un mélange de terre, de kinana (huile à base de pignon d’inde), d’eau et de miel. Un dernier discours est proclamé à l’attention d’Andriamisara afin que ce dernier apporte sa bénédiction aux participants qui sont venus lui rendre hommage. La cérémonie est close au coucher du soleil.
Mais le rituel des bains de reliques n’est pas l’apanage exclusif de la dynastie sakalava. Lors d’un fampandroana, chez les Tanala, le porteur désigné – par les anciens du village – des régalia se dirige au confluent de deux rivières avec la corbeille contenant les restes précieux sur la tête. Un bœuf volavita est sacrifié au bord de l’eau et dès que le sang sacrificiel coulait dans la rivière, le porteur entrait dans l’eau et baignait les reliques. Le peuple suivait les lambohamba et se baignait autour d’elles mais sans les éclabousser, Une imploration des ancêtres lors d’une série de prières et de cérémonies dans la maison des reliques va clôturer la cérémonie. Chez les descendants de la reine Finaoky, les dady sont auparavant immergées dans un petit affluent de la rivière appelé Ranomanintsy, situé près d’Analaiva, mais en raison du tarissement de cette rivière, le bain des reliques est pratiqué à huis clos. Les reliques sont alors enduites d’un mélange d’eau, de graisse et de miel cuit. A noter également que d’autres rivières ou fleuves sont utilisés pour d’autres bains de reliques tels que le fleuve d’Onilahy (bain de reliques des tetembola de saint Augustin) ou encore le fleuve de Maningoza ( pour les Antranovolona, originaires de Besalampy).
Le rapprochement entre le bain royal et le bain des reliques laisse apparaître que même si les pratiques rituelles varient selon les régions, on observe une certaine similitude dans les éléments structurels qui constituent les rituels du bain à Madagascar. Comme pour le fandroana, l’organisation du bain des reliques se prépare plusieurs mois à l’avance. La date de la cérémonie du bain est fixée à la période qui correspond au plein épanouissement de la lune. La veillée se caractérise par des excès divers. Comme pour les Talasora en Imérina, les officiants pour le bain des reliques sont choisis dans les groupes sociaux qui en détiennent les charges héréditaires.
Lily RAHAROLAHY
Sources bibliographiques :
Madagascar : les ancêtres au quotidien : Malanjaona RAKOTOMALALA, Sophie BLANCHY, Françoise RAISON-JOURDE
Les reliques royales à Madagascar : Marie-Pierre BALLARIN
Les conceptions religieuses des anciens Malgaches : Lars VIG
The ritual of Royal bath in Madagascar :Maurice BLOCH
Le bain royal à Madagascar : Louis MOLET

Le corail noir et son énergie

Le corail noir combat les énergies négatives, lutte contre la dépression, d’une façon générale apporte la stabilité, ouvre à l’amour et au dévouement, il développe l’intuition, donne de l’énergie. Du soutien et de la joie appeler arbre des eaux, les anciens lui attribuaient le pouvoir d’enlever le mauvais œil et d’arrêter les hémorragies.
Pierre sacré chez les tibétains.
Il fait partie des sept joyaux du bouddhisme sino-tibétains.
Il seraient selon une légende grec, les gouttes de sang verser par la méduse, l’une des gorgones, ce serait la tête tranchée de Persée qui serait transformé en corail.
Comment utiliser le corail ou la pierre
En mettant le nom devant, ou de porter sur soi un jour sur deux pendant une semaine, et de renouveler une fois par mois
Mettre la pierre prés de son lit ou dans son lieu de travail et prendre conscience de sa présence régulièrement.

Le bracelet Vango Vango Malagasy

Le bracelet Vango Vango Malagasy
Le Vango Vango, ancien bracelet des esclaves,est à l’origine un bracelet fermé qui permettait à ces derniers d’être enchainés la nuit.

A leur émancipation, le bracelet a été coupé, travaillé et conservé en signe de reconnaissance. Il constitue aujourd’hui une protection contre le mauvais sort et nul pêcheur « vezo »(région du sud-ouest de Madagascar, ethnie Sakalava) ne prendrait la mer sans son Vango Vango.

Les bracelets « vango vango » ont une valeur historique à Madagascar et leurs origines ainsi que leur design varient de région en région mais ils ne sont jamais similaires. La tradition aurait plus d’un siècle et à l’origine ils étaient fabriqués à partir de pièces de 5 francs en argent qui étaient fondues.

Les rois Malgaches Sakalava qui ne ne souhaitaient pas stocker de la monnaie battue avec le visage d’un autre suzerain demandaient aux forgerons de les fondre pour en faire des bracelets qui resteraient dans le trésor royal. Puis les commerçants on pris le pas et portaient leurs pièces d’argent au forgeron pour qu’il fabrique un bracelet. Le vango vango dévoilait alors l’origine géographique et sociale de son porteur.

Le bijou se transmet alors dans le cercle familial comme un héritage et est surnommé par endroits « le bracelet de grands-mère ». Par la suite il devient une tradition faisant lien avec la généalogie. Tout Malgache se doit alors de porter son Vango Vango.

En brousse, avec la montée de l’extreme pauvreté à Madagascar, le Vango Vango est parfois l’unique valeur des habitants et ces derniers revendent ce trésor de famille à des collectionneurs pour pouvoir subsister encore quelques mois.

Actuellement, beaucoup choisissent de porter des vango vango à base d’argent et d’or à la fois et sa conception a fortement évolué. Outre la matière de base, des pierres semi-précieuses (émeraudes, rubis, tourmaline…) sont également ajoutées aux extrémités du bracelet. Sa particularité vient également de la manière de le mettre et de le retirer puisqu’il faut le tordre dans le sens perpendiculaire au bracelet afin de pouvoir passer le poignet entre les deux extrémités sans fragiliser le métal.

Le vangovango dévoilait alors l’origine géographique et sociale d’un homme. Plus tard, le bijou s’est transmis des grands-parents aux petits-enfants.

Devenu symbole de Madagascar pour l’expatrié plus que pour le touriste, de nombreux « Vahazas » (populaire, nom propre: blanc, par extension étranger) portent maintenant le Vango Vango fabriqué par les joailliers de la capitale comme un souvenir du pays.

Le Tsangan’olona : une pièce de monnaie, de l’argent, et des croyances

5 francs ou piastre de la 2ème et 3ème république
Nom malgache de la monnaie : tsangan’olona

Ces monnaies étaient tellement prisées à Madagascar que leur valeur marchande vers 1950 était nettement supérieure à leur valeur métallique réelle en France… Un commerce de monnaies vit alors le jour, de grande quantité de monnaies furent chargées à la pelle dans des sacs pour être ensuite transportées par bateau à destination de l’ile de Madagascar…

Les premières monnaies de Madagascar étaient principalement françaises au 17e siècle. Les échanges commerciaux entre les deux nations étaient alors basés sur le troc, une situation très favorable aux Français. « Ohatr’inona » signifie « combien cela coute » aujourd’hui. Ce terme avait été utilisé dans son sens littéral jadis : « l’équivalent de quoi ».

Avant l’utilisation de l’argent pour le commerce, des zébus, des vivres et aussi des esclaves étaient échangés pour des pacotilles. Quand les Malgaches ont pris gout à l’argent grâce aux transactions avec les navires qui passaient dans l’océan Indien, le roi Louis XIV a donné l’ordre de contrecarrer cette nouvelle habitude. Les cours des matières premières, des zébus et des vivres avaient augmenté.

De toutes les devises qui avaient cours sur la Grande Ile, c’est la piastre française qui a traversé l’histoire monétaire du pays. La pièce de monnaie de 5 francs était connue à l’effigie d’empereurs et de rois : Napoléon, Louis XVII, Charles X, Louis Philippe, Napoléon III. Son nom en malgache était une description de la pièce ou du personnage : malamakely, behatoka, mandrihavia, ampongabe.

A cause de la pénurie de monnaie divisionnaire, les piastres ont été coupées en petits morceaux dont la valeur correspondait à la taille. Au 18e siècle, les riches n’avaient pas seulement des terres, des esclaves et des zébus, ils avaient aussi de l’argent. « Les mpanarivo » qui possédaient plus de mille piastres étaient des gens puissants.

La relation des Malgaches avec l’argent était très mystique. Des défunts se font enterrer avec leurs piastres. La royauté a contribué à la mystification : quelque 22 000 piastres ont été fondues pour le cercueil de la reine Rasoherina en 1868. Les princes qui recevaient des pièces entières provenant des impôts devaient en donner une au nouveau souverain en signe d’allégeance, lors du bain royal et à chaque audience.

Le Tsangan’olona est différent des piastres de par sa valeur métallique. Cette pièce en argent a été conservée par ses possesseurs et ne circulaient pas beaucoup. Les Malgaches l’aimaient tellement qu’ils refusaient les billets avant que les colons ne les y obligent. Si les piastres et les pièces précédentes affichaient des portraits, sur le Tsangan’olona, on retrouve trois personnes debout. La symbolique de la justice et les inscriptions « Liberté, Egalité, Fraternité » sont secondaires.

Le mot « Tsangan’olona » a un sens figuré qui signifie faire lever le destin d’une personne. Ainsi, il y a un siècle, une personne accusée au tribunal lave son corps avec de l’eau sanctifiée par la pièce en argent pour que son innocence soit reconnue. Le métal argent est perçu par les Malgaches comme ayant une vertu purificatrice du corps et de l’âme. Le Tsangan’olona est très utilisée pendant les séances de Tromba ou de possession. Une personne qui se sent souillée par la saleté ou par la sorcellerie met la pièce de monnaie dans son eau avant de se laver.

Ces croyances ont favorisé le marché de cette pièce de monnaie ancienne qui n’a plus cours. Aujourd’hui, le Tsangan’olona se fait rare et coute entre 60 000 et 120 000 ariary (1 euro = 2900 ariary). Beaucoup de gens n’y voient que du métal en argent pour faire des bracelets ou des colliers.

Les amulettes malgaches Ody et Sampy

« Les amulettes malgaches sont appelées « ody ». Ceux qui les possèdent les croient capables de leur procurer santé et richesse, de protéger leurs personnes et leurs biens contre les maléfices et d’attirer au contraire sur leurs ennemis la maladie, la mort ou l’infortune ». Ces « ody » s’appliquent à à toutes les circonstances de la vie ».

Le terme « sampy » (chapelet d’ody) désigne étymologiquement les amulettes en chapelet (sens qu’il a encore chez certains peuples de la côte). Chez les peuples des hauts plateaux, il s’applique uniquement aux amulettes importantes, protectrices du peuple et du roi et objet d’un culte officiel dans tout l’Imerina jusqu’à son abolition en 1869 lors de la conversion de la reine au protestantisme. C’est au culte des sampy populaires que C.Renel se consacre dans cette étude. Le sampy, contrairement aux « ody » n’est pas la propriété d’un individu , mais il est gardé, pour le compte de la collectivité (clan) par un mpitahity ou un vady ».

Le sampy est une amulette ou une idole d’importance spirituelle et politique parmi de nombreux groupes ethniques à Madagascar . Amulettes et des idoles fabriquées à partir de matériaux naturels variés ont occupé une place importante dans de nombreuses communautés malgaches depuis des siècles. Ody, amulettes personnelles croyaient à protéger ou à répartir les compétences au porteur, étaient des objets communs possédés par n’importe qui, enfants esclaves des rois. Le nom sampy a été donnée à ces amulettes que, si physiquement impossible de distinguer ody, étaient distinctes dans ce que leurs pouvoirs étendus sur toute une communauté. Le sampy étaient souvent personnifiée – avec une personnalité distincte – et offert leur propre maison avec gardiens dédiés à leur service.

Charles Renel 1866-1925

Le sorcier, le guérisseur

Les Ombiasy (les hommes « médecine »).

Publié le par Alain GYRE

Les Ombiasy (les hommes « médecine »).

Les Malgaches ont depuis des générations appris à connaître les plantes et leurs propriétés afin d’utiliser celles-ci à des fins médicales. Ainsi dans la plupart des villages, on trouve des personnes qui possèdent certaines connaissances ou qui sont censées posséder des pouvoirs de guérison, à base de matières naturelles et notamment de plantes. Ils sont connus pour avoir la faculté d’entrer en contact avec les ancêtres qui leur dicteront les méthodes à employer, afin de guérir telle ou telle maladie ou manifestation clinique. Ces personnes sont appelées « Ombiasy », « Olona be hasina » (personnes aux grandes vertus). Les sorciers jouent évidemment un rôle important au sein de la communauté tant sur le plan politique que social. Il existe une deuxième catégorie de sorciers appelés « Mpamosavy », qui au contraire pratiquent une forme de magie noire et usent de sortilèges à des fins malfaisantes. Ils sont de ce fait craints et méprisés par la population. L’accès au tombeau familial leur est d’ailleurs interdit. Les sorciers jouent évidemment un rôle important au sein de la communauté tant sur le plan politique que social.

Les soins que les malgaches apportent à leurs malades, la notion même de maladie, découlent pour une grande part des croyances religieuses et des superstitions de ce peuple issu d’ancêtres hypothétiques (les vazimba) et des apports des migrations africaines, arabes, malaises, indonésiennes et même polynésiennes.

Les malgaches considèrent que les maladies et la mort ne sont jamais dues à des causes naturelles mais à des punitions divines pour des infractions à des interdits religieux, pour des fautes envers la morale, pour la négligence du culte des ancêtres toujours présents parmi eux. Parfois aussi certains maux sont provoqués par des jeteurs de sorts

qu’il faut tout d’abord démasquer et éliminer. C’est donc avant tout par un cérémonial de sacrifices, de purifications, d’incantations, d’appels aux esprits ou d’exorcismes que sera précédé tout acte thérapeutique envers une maladie ou une épidémie.

Cependant les ombiasy, ont un diagnostic des maladies assez imprécis, leurs médications sont symptomatiques et ils utilisent surtout la dérivation des humeurs en utilisant des drogues diurétiques, laxatives, purgatives, vomitives ou sudorifiques. Actuellement cette médecine traditionnelle est toujours pratiquée, parallèlement à la médecine occidentale, qui est largement admise dans tous les milieux, et la seule officielle. Mais par faute de moyens financiers on ira plus facilement consulter l’ombiasy plutôt que le dispensaire ou l’hôpital qui est trop onéreux.

Ces dernières années, la médecine traditionnelle malgache est devenue très réputée dans le monde scientifique, notamment depuis que la pervenche de Madagascar (catharanthus roseus) a été reconnue et a révolutionné le traitement de la leucémie. Elle est aujourd’hui utilisée mondialement pour ses vertus thérapeutiques.

Dans les endroits retirés du pays, au regard du manque d’équipement et de réserve en médicaments, on constate que les centres médicaux ne peuvent pas faire leur travail correctement. Le coût de la médecine moderne n’est pas à la portée de la majorité de la population, ses services sont réservés à ceux qui en ont les moyens. Les médicaments et les soins sont inabordables pour la plupart . Le manque de moyens conduit à un manque d’accessibilité et donc de disponibilité. Les plantes médicinales sont alors un atout majeur.

Madagascar détient un trésor qui espérons pourra être sauvegarder. Ces plantes constituent des ressources inestimables pour l’industrie pharmaceutique. On estime que 25% des médicaments produits et commercialisés dans le monde proviennent des plantes. Les malgaches doivent absolument conserver cette richesse car le stock des plantes médicinales continue de s’épuiser à grande allure à cause de la dégradation de l’environnement et des activités humaines, et les savoirs transmis d’une génération à l’autre disparaissent au même rythme que les précieuses variétés végétales.

La déforestation au profit de l’agriculture et des besoins en énergie domestique, l’utilisation accrue de ces plantes en médecine traditionnelle, des méthodes de cueillette non appropriées, leur commerce et une demande croissante sur les marchés sont autant de facteurs qui menacent la durabilité de cette biodiversité.

Médecine Traditionnelle

madagascar : La médecine traditionnelle

A Madagascar comme partout dans le monde, la médecine traditionnelle est pratiquée depuis la nuit des temps. Les tradipraticiens malgaches utilisent des herbes, plantes, bois, écorces, racines et graines dont les vertus curatives ont été reconnues pour leur efficacité.
A Madagascar, la médecine traditionnelle par les plantes existe dès l’époque protohistorique « Fahagola ». Depuis toujours les Malgaches se soignent avec les plantes, ayant appris au fil des siècles à connaître les principes actifs présents dans les innombrables plantes médicinales endémiques à Madagascar.
Les malgaches, très croyants en général se transmettaient l’image du Créateur ayant laissé sur les plantes, comme une manière de dévoiler leurs vertus.
Les marchés malgaches recèlent de quantités de petits marchands de fanafody gazy (médicaments malgaches) où écorce, bois, herbes… sont prêts à être utilisés avec prescription du guérisseur.

Publié dans mandravasarotra/medecine_plante

Prière invocation aux Ancêtres

Prière d’invocation des Ancêtres
Dans la religion traditionnelle Malgache la prière, comme dans toutes les autres religions, la prière revêt une importance primordiale et son exécution suit une codification particulière. On ne peut pas parler de prière sans d’abord parler de la notion d’espace et d’orientation.
Il est important de signalé que dans la pensé malgache il y a deux manière de concevoir l’orientation. La première se base sur les points cardinaux on l’appelle les « zoron-tany » et la seconde est l’espace occupé par les points cardinaux les « fafy tany ».

Les destins mère « renimbitana » du système de l’astrologie malgache « le Vitana » sont placé sur les zoron-tany et les zanabitana les destins enfants sur les fafy tany. La notion d’espace, qui régis toute la structure social et cérémonial des malgaches ne s’exprime que par le zoron-tany, les points cardinaux. Dans la culture malgache la notion de globe terrestre se limite aux points cardinaux.
La personne qui fait la prière ou le kabary (discours) après avoir invoqué le créateur (Zanahary, Andriananahary ou Andriamanitra), les ancêtres et les esprits énumère les 4 points cardinaux
1. Andriananahary le créateur(s). Suivant les régions de l’île il invoque Zanahary ambony et Zanahary ambany, le dieu d’en haut et le dieu d’en bas. Ils peuvent être aussi Zanahary lahy et Zanahary vady, dieu homme et dieu femme. En générale on fait suivre par expression « Zagnahary nanao ny fofokaina » Dieu qui a créé le souffle de vie.
2. Les ancêtres sont eux cités en deux catégories.
1. Les ancêtres royaux, quand ils sont invoqués (ce qui n’est pas systématique), le sont immédiatement après Andriananahary.
2. Les ancêtres familiaux, sont cité en premier ceux de la ligné du père puis ceux de la mère du père, ensuite sont nommés ceux de la ligné du père de la mère et celle de la mère de la mère.
On invoque les ancêtres toujours en commençant par l’ancêtre fondateur de la ligné pour finir aux ancêtres commun les plus proche en terme de date de décès. Il faut garder en mémoire que chez les malgaches après la mort l’esprit du défunt garde le même statut social que de son vivant.

1. Les esprits ou les divinités. Celles qui sont cités sont les tsiny, les kolo et les kalanoro. Bien souvent les divinités sont symbolisées par les « lafy tany valo » qui pressente les huit directions : les quatre points cardinaux et les quatre espaces entre les points. Pour éclairer la chose on les places sur le même niveau que les destins mère renimbitana et les destins secondaires zanabitana. Nombreux sont ceux qui simplifie simplement en disant les zoron-tany efatra, les quatre points cardinaux.
Certain Ombiasy (devin-guérisseur) considère que tous les ancêtres dont on peut se souvenir font partis du domaine du vivant et tous ceux dont on ne peut se souvenir du domaine des esprits et des divinités. A cette vision les esprits et les divinités sont cités après dieu et avant les ancêtres.Nosy Komba

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